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Chauves-souris

Malgré la place des mammifères terrestres malgaches, les chauves-souris ont été souvent négligées durant les plusieurs enquêtes d’évaluation rapide de la biodiversité menées dans l’île vers la fin des années 1980 et 1990. La première solution à ce problème était de renforcer la capacité des chercheurs malgaches à s’engager dans les études de conservation des chauves-souris car il était clair que les chauves-souris n’étaient pas dans le programme des chercheurs qui ont visité le pays. Des projets consécutifs mis en place par le Darwin Initiative et l’Université d’ Aberdeen ont formé et sponsorisés 15 biologistes malgaches (Publications).

La Région Alaotra-Mangoro

Depuis 2003, Madagasikara Voakajy et l’ACCE ont travaillé ensemble pour protéger des petits (< 20 ha) fragments de forêts humides qui abritent d’importantes (> 1,000) colonies de renards volant de Madagascar P. rufus. Ces sites se trouvent à 20-25 km de la forêt intacte la plus proche (Zahamena-Ankeniheny) et ne reçoit aucune protection officielle. Nous avons étudié d’autres parties de la région en vue de protéger les renards volants et, en collaboration avec l’Association Mbarakaly, nous travaillons pour la protection des gîtes près d’Anosibe An’ala.

 

Nos activités et réalisations dans la région comprennent :

  1. Le contrôle mensuel dans sept gîtes de P.rufus depuis 2003
  2. La signature d’un dina (ensemble de lois développées et exécutées par la communauté) pour protéger les gîtes de P. rufus dans sept communes
  3. L’étude du régime et des déplacements effectués par P. rufus
  4. La construction ou la restauration de 11 écoles primaires dans les villages près des gîtes de P. rufus  
  5. La recherche de gîtes de chauves-souris frugivores dans le corridor forestier Zahamena-Ankeniheny
  6. La recherche sur les chauves-souris dans le Parc National de Mantadia et la Réserve Spéciale d’Analamazaotra ainsi qu’aux environs de ces par ce réserve.
  7. La recherche sur l’utilisation de l’habitat et du régime alimentaire de Rousettus madagascariensis
  8. L’enquête sur l’impact des activités de P.rufus comme animal nuisible pour les fruits comme le litchi.


Actuellement, ce travail est appuyé par le British High Commission (Ile Maurice), Lubee Bat Conservancy, International Foundation for Science, IUCN Sir Peter Scott Fund et le Disney Wildlife Conservation Fund.

La Région d’Anosy

Dans cette région, nous avons concentré nos efforts sur les forêts littorales entre Tolagnaro et Sainte Luce. Cette région est d’une importance majeure pour la biodiversité car les forêts littorales sont des habitats menacés à Madagascar. Cette région a développé un profil élevé à cause du gisement d’ilménite de Rio Tinto.

Nos activités et réalisations:

1. Etude des gîtes de chauves-souris dans la forêt de Tsitongambarika
2. Recherche sur l’utilisation de l’habitat par les chauves-souris insectivores dans la forêt littorales    
3. Conservation et éducation, visites dans les écoles primaires pour promouvoir la conservation des chauves-souris
4. Promotion de l’importance des forêts sacrées et appui aux groupements communautaires pour conserver les gîtes de P.rufus

Conservation des renards volants et baobabs

Les baobabs de Madagascar sont connus dans le monde et figurent dans les T-shirts, cartes postales et sites web. Parmi les espèces qui sont endémiques de Madagascar, deux (Adansonia suarezensis et Adansonia grandidieri) sont pollinisées par des mammifères nocturnes (i.e. les chauves-souris et les lémuriens). Ces deux espèces de baobab sont citées comme en danger dans la liste rouge de l’UICN et fait face à un avenir incertain.

Notre projet a comme objectif la description de l’importance relative des renards volants, pollinisateurs des baobabs en danger par rapport aux lémuriens et l’utilisation de ce service écologique comme un fer de lance pour la conservation. Nous visons à conserver les sites de fourrage (baobabs et forêts environnantes) et les gites (fragments de forêt, mangrove, etc.) de P. rufus afin d’assurer sa survie à long terme.

En 2005, nous avons basé notre travail sur une espèce d’A. grandidieri dans le Parc National de Kirindy-Mitea dans la Région du Menabe et en 2007 et 2008, notre travail sera axé sur A. suarezensis dans la Région de Diana dans le Nord de Madagascar.

Initiatives d’éducation pour la conservation des chauves-souris

Bien que les chauves-souris de Madagascar ne soient pas citées parmi les espèces protégées, il y a souvent un appui local considérable pour leur conservation. Néanmoins, la chasse à lieu à travers toute l’île et la viande de chauve-souris est souvent servie dans les restaurants dans certains endroits.

Jusqu’à la mise en place d’un cadre national (c.-à-d. une législation) pour la protection des chauves-souris, nous dirigeons des programmes d’éducation et de conservation locale afin d’aider les communautés locales et les responsables de l’environnement à mieux comprendre les chauves-souris.

Nos activités et réalisations :

  1. En 2005, nous avons tenu un atelier à Moramanga pour trouver des moyens d’intégrer la conservation des chauves-souris dans le programme scolaire en primaire. L’ANGAP, Madagascar Fauna Group, The Peregrine Fund and Action Comores ont participé à cet atelier.
  2. Le Houston Zoo et l’American Zoo Association Bat Taxon Advisory Group ont donné aux écoles des kits de conservation du renard volant. Il s’agit de jeux, livres, modèles et costumes chauves-souris auxquels nous avons ajouté un film en malgache. Maintenant, nous utilisons ce kit lors des journées de conservation dans les écoles primaires dans tous les sites de notre projet.
  3. Au total, 1072 enfants et 104 enseignants de 16 établissements scolaires ont été concernés.
  4. En collaboration avec le gouvernement malgache, nous avons élaboré des modules d’enseignement sur la conservation des chauves-souris pour les enseignants dans les écoles primaires. Conçus pour trois classes d’âge, les modules sont actuellement testés dans des établissements scolaires dans les Régions d’Alaotra-Mangoro, Melaky et Anosy.

 Ce travail est actuellement soutenu par Darwin Initiative et FFI-Rio Tinto Biodiversity Partnership

Conservation du géant malgache Hipposideros commersoni

Il s’agit de la plus grande chauve-souris insectivore malgache ; elle pèse jusqu’à 60g. Son écologie est fascinante puisqu’elle « disparait » de plusieurs endroits en hiver et les chercheurs ignorent si elle migre vers d’autres endroits ou restent inactive dans les grottes. Cette chauve-souris est aussi consommée par les gens dans l’Ouest et le Sud de Madagascar pendant la période au cours de laquelle elle accumule le plus de graisse.


Ce projet vise à :

  1. Déterminer si H. commersoni pourrait exister dans des sites sans forêt intacte
  2. Déterminer son comportement dans le gîte et son comportement de fourrage durant les différentes saisons
  3. Déterminer si la chasse auprès des gîtes par la population locale constitue une menace ou si cette chasse pourrait être admise.

La conservation et l’écologie de Rousettus madagascariensis

Rousettus madagascariensis est la plus petite chauve-souris frugivore malgache et certainement la moins étudiée jusqu’ici. A cause de sa petitesse, elle est la seule chauve-souris frugivore malgache qui peut voler dans la forêt. Elle joue ainsi  un rôle potentiel différent par rapport aux plus grandes espèces E. dupreanum et P. rufus. Bien que R. madagascariensis soit souvent capturée lors des études des chauves-souris, les gîtes connus restent peu nombreux. Apparemment, les gîtes sont restreints dans la grotte et il existe des preuves grandissantes de surexploitation inadmissible par la chasse dans plusieurs sites.

Nos activités:

  1. Study the diet and observe foraging behaviour to find out whether native forest plants or cultivated fruits are preferred
  2. Determine whether R. madagascariensis is primarily a nectarivore of frugivore
  3. Investigate patterns and impacts of hunting on R. madagascariensis
  4. Developing partnerships with villages to promote roost conservation
  5. Raising the profile of bat conservation through an education awareness initiative

Etude de la chauve-souris en vue de la protéger

Comme les chauves-souris ont été omises de beaucoup d’études pendant les années 1990s, il y a un grand manque d’information concernant les grands sites de Madagascar. Cela ne s’applique pas seulement aux aires protégées existantes, tel est aussi le cas en ce qui concerne les sites qui pourront devenir « aires protégées ».

Depuis 2002, nous avons étudié les sites suivants pour les chauves-souris :

  1. Parc National de Mantadia 
  2. Parc National du Tsingy de Bemaraha
  3. Parc National de Namoroka
  4. Parc National d’Isalo
  5. Réserve Spécial d’Analamazaotra
  6. Forêt et grottes d’Anjohibe
  7. Forêt de Tsitongambarika

Evaluation de la dépendance sur la forêt

Il est important de savoir quelles espèces chauves-souris seraient dépendantes de la forêt intacte pour leur survie. Cela permettrait la canalisation des efforts de conservation vers les chauves-souris les plus menacées ; cela permettrait aussi l’utilisation des changements de la couverture forestière pour la représentation de l’abondance et de la zone géographique de distribution lors de l’évaluation pour la Liste Rouge.

Nous utilisons toute une gamme de méthodes pour étudier l’exploitation des habitats forestiers par les chauves-souris, y compris :

  1. L’échantillonnage acoustique
  2. L’échantillonnage des proies et l’analyse des fèces
  3. Capture par des filets
  4. Radio tracking

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